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CSNU : Juillet - Août 2025

I/ DÉBAT SUR LE RENFORCEMENT DE LA SÛRETÉ MARITIME PAR LA COOPÉRATION INTERNATIONALE


À l’initiative de la présidence grecque, le CSNU a tenu un débat le 20 mai 2025 sur le thème « Renforcer la sûreté maritime par la coopération internationale aux fins de la stabilité mondiale ». Le Secrétaire général a rappelé la nécessité du respect du droit international, qui fournit selon lui un cadre de coopération pour la lutte contre les crimes commis en mer, à l’instar de la piraterie, du crime organisé ou encore des actes de destruction visant le transport maritime.

L’action de l’UE, par ses opérations navales, a été citée, notamment comme exemple d’action collective selon la Grèce. Cependant, la Russie dénonce quant à elle certaines mesures européennes visent des « flottes fantômes », terme qui ne possède aucune reconnaissance internationale selon elle. 

L’Algérie, ainsi que la Sierra Leone et la Somalie, ont insisté sur un nécessaire appui aux pays en développement, notamment du continent africain, par un financement durable ou une aide à la surveillance maritime. Enfin, l’existence d’une véritable corrélation entre la sûreté maritime et la protection de l’environnement a été évoquée, mettant en avant leur caractère indissociable.

La majorité des délégations ont par ailleurs appelé à la mise en œuvre pleine et entière de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer



II/ DÉBAT SUR LA PROTECTION DES CIVILS DANS LES CONFLITS ARMÉS


Le 22 mai 2025, le débat sur la protection des civils dans les conflits armés a débuté par le constat alarmant de Thomas Fletcher, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, qui a indiqué le recensement par l’ONU de plus de 36 000 morts civils dans le cadre de 14 conflits armés en 2024. Cette année a également été la plus meurtrière pour les personnels humanitaires. La situation à Gaza a largement été évoquée, plusieurs délégations appelant à l’accès immédiat de la population palestinienne à l’aide humanitaire.

Plusieurs suggestions ont été faites pour assurer la protection des civils, à l’instar de faire de la sécurité des civils la priorité des opérations de maintien de la paix comme l’a proposé la Sierra Leone. En ce sens, le Royaume-Uni a mis en avant le caractère essentiel de la formation des soldats de la paix. La Présidente de Save the Children US a par ailleurs exhorté le CSNU à nommer un président pour le Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés, tandis que la Directrice exécutive ONU-Femmes a souligné que l’autonomisation des femmes constituait une stratégie de protection pour celles-ci.



III/ PROROGATION DES AUTORISATIONS D’INSPECTION DES NAVIRES AU LARGE DE LA LIBYE


Par sa résolution 2780 du 29 mai 2025, le CSNU a décidé, de prolonger pour six mois les autorisations de 2016 accordées aux États Membres d’inspecter les navires en haute mer au large de la Libye, précisant qu’il agit ainsi en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies. La France a indiqué que, par cette nouvelle résolution, l’opération IRINI de l’UE continuera d’assurer le respect de l’embargo sur les armes en Libye.

Cependant, le groupe des A3+ (Algérie, Sierra Leone, Somalie et Guyana) s’est déclaré peu convaincu sur l’efficacité réelle de l’embargo sur les armes. De même, la Chine, qui s’est abstenue lors du vote de la résolution, a invité le CSNU à évaluer le mandat de l’opération européenne. La Russie a, quant à elle, justifié son abstention par ses inquiétudes quant aux méthodes utilisées par IRINI, notamment l’autonomie de l’UE dans les zones de patrouilles. 



IV/ ADOPTION ET DÉBAT DU RAPPORT ANNUEL DE 2024 DU CSNU


Le 30 mai 2025, le CSNU a adopté son rapport d’activités de l’année 2024, qui dénombre un total de 305 séances tenues par le CSNU. Ce dernier a ainsi adopté 46 résolutions, dont 30 à l’unanimité. Ce rapport a par la suite, le 11 juin 2025, été présenté à l’Assemblée générale qui a déploré les « dynamiques politiques difficiles » et les divisions ayant lieu au sein du CSNU. 

En effet, l’utilisation croissante du droit de veto a particulièrement été critiquée, notamment par le risque de voir la légitimité du CSNU être remise en cause, de même que la confiance des États Membres au multilatéralisme. Ce débat a également été l’occasion pour plusieurs États Membres de revenir sur une éventuelle réforme du CSNU : l’initiative franco-mexicaine visant à interdire le veto en cas d’atrocités de masse, ainsi qu’une démocratisation des pratiques du Conseil ont par exemple été évoqués.



V/ FERME CONDAMNATION PAR LE CSNU DES ACTIONS DES FORCES D’APPUI RAPIDE AU SOUDAN


Le 12 juin 2025, le CSNU, dans une déclaration à la presse par la Présidente du mois de juin, Carolyn Rodrigues-Birkett, s’est dit préoccupé par l’escalade de violence au Soudan

Le CSNU exige ainsi la levée du siège d’El-Fasher par les Forces d’appui rapide et l’arrêt immédiat des combats dans l’ensemble de ce territoire. Le CSNU a par ailleurs condamné l’attaque du 2 juin 2025 contre un convoi humanitaire conjoint du Programme alimentaire mondial et d’Unicef, et a demandé qu’une enquête soit ouverte.

Les membres du CSNU ont rappelé la résolution 2730 (2024), et donc la nécessité d’assurer la sécurité du personnel de l’ONU et du personnel humanitaire, ainsi que de leurs locaux et de leurs biens. La possibilité que ces attaques constituent des crimes de guerre a également été évoquée. Le CSNU a finalement exhorté les parties au conflit à respecter leurs obligations relevant du droit international humanitaire et ainsi que du droit international des droits humains, avant de réaffirmer son attachement à la souveraineté du Soudan.



VI/ INQUIÉTUDES ET APPELS À LA DIPLOMATIE SUITE AUX FRAPPES ISRAÉLIENNES EN IRAN


Le 13 juin 2025, une réunion d’urgence s’est tenue à la demande de l’Iran qui souhaitait « traiter des violations de la Charte des Nations Unies et du droit international par Israël ». En ce sens, l’Iran a exhorté l’ONU ainsi que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de prendre une position ferme contre les agissements d’Israël. 

L’Iran a ainsi affirmé le droit de son pays de se défendre et a exigé la prise de responsabilité internationale pour les actions d’Israël. Plusieurs délégations, à l’instar de la Russie et de la Chine, ont partagé cet avis, affirmant une violation flagrante du droit international et un frein conséquent des efforts diplomatiques avec l’Iran. L’absence de mandat légal et du caractère préventif des frappes israéliennes a par ailleurs été dénoncé par l’Algérie.

Plusieurs États membres, dont la France et le Royaume-Uni, sont d’avis qu’Israël a le droit de se défendre et de se protéger. Mais tous sont d’accord : il est nécessaire de faire prévaloir la diplomatie, qui doit prendre le pas sur une intensification du conflit.



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