AGNU : Novembre - Decembre 2024
- Mathis CHATEIGNER
- 7 nov. 2024
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 janv. 2025
I/ LA CLÔTURE DE LA SOIXANTE-DIX HUITIÈME SESSION DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’ONU ET L’OUVERTURE DE LA SOIXANTE-DIX NEUVIÈME SESSION.
L’ouverture de la 79ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies du 10 septembre dernier a logiquement marqué la clôture de la 78ème session de l’AGNU. Une session durant laquelle il a évidemment été question du conflit à Gaza, mais aussi de la relance des Objectifs de Développement Durable, ou encore des préparatifs du Sommet de l’avenir. Le président de la session, Dennis FRANCIS, remercié par Antonio GUTERRES, a tenu à rappeler ses visites dans plus de trente États, réaffirmant ainsi son message de solidarité et de soutien constant. L’ancien président a exprimé sa déception de ne pas avoir pu rencontrer de civils palestiniens et israéliens, tout en réaffirmant sa volonté d’un cessez-le-feu dans la région.
Le nouveau président, Philémon YANG, ancien Premier ministre du Cameroun a prêté serment devant l’Assemblée Générale en plaçant son mandat sous le signe de « l’unité dans la diversité ». Il souhaite introduire les questions relatives k
à la paix et au développement durable au cœur de son mandat, et souligne l’importance de la prévention des conflits face à la course à l’armement. Pour lui, la priorité reste de bâtir une confiance mutuelle et d’établir de véritables stratégies de règlement de conflits dans différentes zones à tensions, à Gaza, en Haïti, en Ukraine ou encore dans la région des Grands Lacs.
II/ L’OCCUPATION ILLICITE DU TERRITOIRE PALESTINIEN PAR ISRAËL ET LA DÉNONCIATION D’UNE ORGANISATION DES NATIONS UNIES PARALYSÉE
Le 18 septembre 2024, l’AGNU a définitivement adopté le projet de résolution A/ES-10/L.31/Rev.1 exhortant l’État d’Israël de mettre fin sans délai à sa présence, qualifiée d’illicite, sur le territoire palestinien. L’AGNU s’est basée sur un avis consultatif de la Cour Internationale de Justice du 19 juillet 2024 qualifiant ici aussi l’occupation du territoire palestinien d’illicite. L’adoption a tout de même été influencée par une forte abstention de plusieurs États qui s’étaient proclamés en désaccord avec l’avis consultatif de la CIJ, et qui ne souhaitaient pas voir le conflit escalader. En ce sens, l’Égypte avait déposé une motion rappelant le statut de la Palestine, en mentionnant par la même occasion le fait que l’observateur permanent de l’AGNU réunissait « tous les éléments constitutifs d’un État ». De nombreux chefs d’État et de gouvernement avaient d’ores et déjà évoqué l’impasse dans laquelle se trouvait le monde face à ce conflit. Tandis que le Secrétaire général de l’ONU qualifiait la situation à Gaza de « cauchemar permanent », le président turc a quant à lui pointé du doigt les manquements de l’ONU à sa mission originelle, en précisant qu’elle se transformait peu à peu en une « structure dysfonctionnelle, lourde et inerte ». Dans tous les cas, pour Antonio GUTERRES, la seule échappatoire reste la solution à deux États, allant de corps avec la demande d’un cessez-le-feu immédiat et la libération des otages. Sans doute un moyen de mettre fin à « l’ère de l’impunité » que le secrétaire général a dénoncé en réponse aux violations multipliées du Droit international.
III/ LE SOMMET DE L’AVENIR ET L’ÉMERGENCE D’UN « PACTE POUR L’AVENIR » METTANT EN AVANT LE MULTILATÉRALISME
Le Sommet de l’avenir s’est tenu le 22 et 23 septembre 2024 dans le cadre de la 79ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies. C’est dans ce cadre que les participants ont approuvé un « Pacte pour l’avenir » proposant des orientations afin de faire face aux transformations profondes du monde. Le sommet a permis d’insuffler un nouvel élan aux Objectifs de Développement Durable en portant une attention spécifique aux pays moins avancés, aux pays en développement sans littoral, aux États insulaires ou encore à l’Afrique. Une occasion pour une partie des membres de l’AGNU de rappeler la nécessité de réformer le CSNU avec, en particulier, l’octroi d’une place de membre permanent à l’Afrique.
Le but du pacte établi est assez clair, revitaliser le multilatéralisme en rassemblant les 193 États membres autour d’objectifs communs. Ce sont plus de cinquante mesures qui ont été développées au sein du Pacte, autour de cinq thématiques phares que sont, la transformation de la gouvernance mondiale, la paix et la sécurité internationales, le développement durable et son financement, les jeunes et les générations futures, et enfin, les sciences, les technologies, les innovations et la coopération numérique. L’occasion pour le secrétaire général de l’ONU de rappeler l’ambition internationale dans la lutte contre le réchauffement climatique, tout en évoquant l’indispensable réforme du CSNU à entreprendre. Une réforme sur le long terme qui passerait indispensablement par un élargissement afin de favoriser une représentation géographique plus équitable, ainsi qu’une refonte du système de droit de véto pour mettre un terme à l’instrumentalisation politique de certains membres permanents.
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