AGNU : Mars - Avril 2025
- Alice CAPART
- 7 mars 2025
- 4 min de lecture
I/ MÉTHODE DE FINANCEMENT DES OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX
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Afin de financer les activités onusiennes, qu’elles soient ordinaires ou relevant des opérations de maintien de la paix (OMP), l’Assemblée Générale (AG) est chargée, selon l’article 17 de la Charte des Nations Unies, d’examiner et d’approuver le budget. De plus, l’AG fixe la répartition des dépenses, mission dont elle s’est en l’espèce acquittée le 24 décembre dernier.
Dans un premier temps, l’AG a rappelé une résolution indiquant que le Secrétaire Général est tenu de mettre à jour tous les trois ans le classement des Etats membres dans les catégories d'État définies afin de répartir les dépenses à leur charge.
Après examen de plusieurs résolutions ainsi que de rapports généraux du Secrétaire Général, l’Assemblée générale réaffirme son rôle dans l'établissement du barème des quotes-parts, tel qu’il ressort de l’article 17§2 de la Charte précitée.
Dans cette résolution, l’AG en profite pour rappeler les principes de financement, à savoir, que tous les États Membres de l’Organisation des Nations Unies sont collectivement responsables du financement des opérations de maintien de la paix. Concernant les OMP en particulier, il convient d’utiliser une formule de financement différente de celle prévue pour le budget ordinaire en raison de leur spécificité.
L’AG rappelle aussi que les membres permanents du Conseil de Sécurité ont une “responsabilité spéciale qui leur incombe en matière de maintien de la paix et de la sécurité”. Enfin, elle constate qu’il est nécessaire de réformer la formule actuelle de répartition des dépenses relatives aux OMP, et, de ce fait, décidé qu’à partir du 1er janvier 2025, les quotes parts seront calculées en fonction de 10 catégories qu’elle indique.
II/ SOUTIEN FINANCIER AU MÉCANISME INTERNATIONAL APPELÉ À EXERCER LES FONCTIONS RÉSIDUELLES DES TRIBUNAUX PÉNAUX
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Le 24 décembre 2024, l’Assemblée générale a adopté une résolution à propos du financement du Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des tribunaux pénaux.
Dans un premier temps, l’Assemblée Générale profite de cette résolution pour rappeler qu’elle “accorde un rang de priorité élevé aux travaux du Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des Tribunaux pénaux”. Selon l’Assemblée, le Mécanisme est “une petite entité efficace à vocation temporaire, dont les fonctions et la taille iront en diminuant, et dont le personnel peu nombreux sera à la mesure de ses fonctions restreintes”.
Elle insiste aussi sur l’importance d’établir des “prévisions claires et réalistes” concernant l’achèvement des activités du Mécanisme et félicite le Mécanisme qui s’efforce de réduire ses dépenses tout en restant efficace et rapide dans sa prise de décisions.
Parmi les mesures proposées afin de réduire les coûts figurent ; l’annulation des voyages des gestionnaires lorsqu’une alternative est possible sans préjudicier au mandat donné, supprimer les postes vacants depuis plus de 12 mois, transformer les postes vacants en postes soumis à recrutement national etc…
De plus, l’Assemblée Générale a décidé d’ouvrir des crédits pour 2025 au montant brut total de 60 963 800 dollars américains ainsi que de répartir 23 999 350 dollars de dépenses aux Etats Membres des Nations Unies, au titre des dépenses affiliées au budget ordinaire de l'organisation.
III/ PROGRÈS ACCOMPLIS DANS LE CADRE DU NOUVEAU PARTENARIAT POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE
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Le 15 janvier 2025, l’Assemblée Générale à saluer les progrès accomplis dans le cadre du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique.
Selon elle, “l’élimination de la pauvreté sous toutes ses formes et dans toutes ses dimensions (...) constitue le plus grand défi auquel l’humanité doit faire face et une condition indispensable au développement durable”.
De plus, l’Assemblée générale rappelle que le développement durable revêt en réalité trois facettes: économique, sociale et environnementale.
Parmi ces progrès, l’AG salue beaucoup d’initiatives prises, notamment concernant le respect progressif des engagements pris dans le Cadre du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique, à savoir “le renforcement de la démocratie, du respect des droits humains, de la gouvernance et de la bonne gestion économique, et encourage ces pays à continuer” à mettre en oeuvre le Programme 2030.
Enfin, l’Assemblée Générale se félicite de décisions prises lors de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine.
En résumé, l’Assemblée Générale a évoqué les craintes qui persistent concernant le développement de l’Afrique, mais s’est surtout félicitée des “diverses initiatives d’importance lancées par les pays d’Afrique et leurs partenaires de développement”.
IV/ LE DÉVELOPPEMENT DURABLE ET LA PAIX DURABLE : PROMOTION EN AFRIQUE
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Dans cette résolution en date du 15 janvier 2025, l’AGNU rappelle plusieurs précédentes résolutions et instruments internationaux, dont le Sommet Mondial de 2005 “dans lequel les dirigeants du monde ont réaffirmé leur volonté de prendre en compte les besoins particuliers de l’Afrique” ou encore le partenariat stratégique global entre les Nations Unies et l’Union Africaine,
L'Assemblée générale a tenu à souligner l’importance de certains principes clés dans la poursuite de la pérennisation de la paix et l’élimination des causes profondes des conflits, notamment le renforcement de l’état de droit, la bonne gouvernance, la démocratie, l’application des principes de responsabilités, le respect et la protection des droits humains etc…
Parmi les textes cités, l’Assemblée générale renvoie à sa résolution 70/1 concernant le Programme de développement durable à l’horizon 2030, qui est un plan d’action pour l’humanité, la planète et la prospérité qui a donné une série complète d’objectifs et de cibles ambitieux et universels basés sur l’être humain.
Ainsi, la voie du développement durable en Afrique dans toutes ses dimensions s’ancre dans un “esprit de solidarité mondiale et au nom de l’avenir commun des générations actuelles et futures, l’accent étant mis sur les besoins des pays d’Afrique”.
Certaines craintes persistent néanmoins concernant le sort des enfants enrôlés de force dans les conflits, le chômage, le sous-emploi, le terorisme et l'extrémisme violent, la piraterie ou encore les vols en mer…
Malgré ces craintes, l’Assemblée Générale a tenu à se féliciter de toutes les avancées qui ont été menées et à promouvoir l’agenda de développement durable prévu dans plusieurs instruments internationaux.
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