AGNU : Mai - Juin 2025
- Mathis CHATEIGNER
- 15 mai 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 26 mai 2025
I/ L’INQUIÉTUDE DE LA HAUTE REPRÉSENTANTE POUR LES AFFAIRES DU DÉSARMEMENT FACE AU RÉARMEMENT NUCLÉAIRE
A l’ouverture de la dernière Commission du Désarmement de l’Organisation des Nations Unies, le 7 avril dernier, Madame Izumi Nakamitsu, agissant en tant que Haute représentante pour les affaires du désarmement, a établi le bilan sur la situation liée à l’armement nucléaire. L’occasion de rappeler qu’un seul accord sur le contrôle des armements nucléaires est en vigueur, le Traité Start. De plus, la Haute Représentante a fait un parallèle avec la Guerre froide et le niveau similaire de tensions entre acteurs étatiques, mais ce, sans mécanisme d’empêchement efficace. En effet, Madame Nakamitsu s’est dit inquiète de l’absence de garde fous sécuritaires face à un fort risque de tomber dans une escalade à l’armement. Des progrès avaient pourtant été réalisés en la matière puisque les stocks d’ogives nucléaires étaient passés de 70 000 en 1986 à 12 000 en 2025.
Pour la Haute représentante, il est temps de repenser l’encadrement de la production d’armes nucléaires. L’expansion ainsi que la modernisation des armes nucléaires font directement face à une érosion des cadres ayant, un temps, assuré la sécurité internationale. Le développement de nouvelles technologies, en particulier à travers l’Intelligence artificielle appelle indubitablement à une gouvernance repensée et adaptée. Pour le Président de la Commission José Eduardo Pereira Sosa, c’est l’efficacité de la Commission elle-même qui doit être améliorée. Les États devraient pouvoir émettre plus aisément des recommandations symbolisant des consensus sur les affaires liées au désarmement. Jusqu’au 25 avril 2025, ce sont deux groupes de travail distincts, sous l’égide d’un bureau élu pour l’occasion, qui vont tenter d’établir une meilleure délimitation de l’utilisation et de la prolifération des armes nucléaires à l’échelle internationale.
II/ LA CINQUIÈME COMMISSION DES NATIONS UNIES FACE À L’ABSENCE DE DÉCISION SUR LES SOLUTIONS AUX CRISES DE TRÉSORERIE RÉCURRENTES DE L’ONU
La Cinquième Commission de l’Assemblée Générale des Nations Unies est en charge des questions administratives et budgétaires, et s’occupe donc principalement de voter le budget permettant à l’Organisation de fonctionner correctement. C’est donc pour poursuivre ce but que la Commission s’est réunie durant le mois de mars, alors que le Secrétaire Général alerte sur une éventuelle insolvabilité dès octobre 2025 et un déficit pouvant atteindre les 600 000 000 $. Antonio Guterres avait pourtant évoqué plusieurs idées afin de réduire les dépenses onusiennes : la restitution des crédits inutilisés, une refonte des opérations de paix et des tribunaux ou encore le maintien de la gestion commune des budgets liés aux opérations de paix, après juin 2027, date à laquelle la période d’essai devrait prendre fin.
Des solutions à des problématiques directement évoquées dans un rapport du Secrétaire Général expliquant que les crises restaient principalement causées par la fluctuation importante des habitudes de paiement des États membres, insuffisances des réserves et les méthodes budgétaires inadéquates. Pour lui, la réduction des services de conférence, le gel des recrutements et les coupes dans les dépenses ne pouvaient constituer un moyen efficace, sur le long terme, pour enrayer la crise budgétaire de l’Organisation. Ce qui n’a pas empêché la Russie de proposer de réduire les salaires de l’ensemble du personnel pour une durée de six mois. Certains États comme le Royaume-Uni ou les 27 de l’Union Européenne ont quant à eux alerté sur le fardeau financier porté par ceux qui honoraient déjà leurs obligations financières. Tandis que les pays d’Amérique Latine ont évoqué le cas du Conseil des Droits de l’Homme, amputé d’une partie de ses dépenses supplémentaires, au risque d’impacter ses mandats.
Dans tous les cas, la Cinquième Commission n’a pour le moment pas réussi à trouver de solutions efficaces à la crise de trésorerie qui touche l’ONU et a préféré reporter le rendu de son avis au mois de mai, lors de la prochaine session.
III/ UN EXEMPLE DE LA CRISE DE TRÉSORERIE ONUSIENNE, L’ENVELOPPE ALLOUÉE À LA MISSION D’ASSISTANCE DES NATIONS UNIES POUR L’IRAK (MANUI)
Le 17 mars 2025, lors de l’examen du budget attribué aux différentes missions et mandats de l’Organisation des Nations Unies, le Secrétaire Général a demandé une enveloppe de 110 476 300 $ afin de mener à bien la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Irak. Cette mission qui devrait perdurer jusqu’au 31 décembre 2025 doit d’ores et déjà prévoir un plan de transition et de liquidation à partir du 1er janvier 2026. Une demande de budget en hausse, en raison de l’augmentation des dépenses liées au personnel civil, entre réinstallation du personnel, réduction progressive des effectifs et suppressions de postes.
Toutefois, la Cinquième Commission, chargée des questions budgétaires, a décidé d’abaisser la demande du Secrétaire Général à 96 420 900 $, soit presque 15 000 000 $ amputés vis-à-vis de la demande initiale. L’Irak a quant à elle souligné que la mission existait depuis 22 ans, et que depuis le lancement du programme, le pays avait connu des développements politiques, sécuritaires, économiques ou encore sociaux. En ce sens, l’Irak se dit prête à agir sans l’aide de la mission d’assistance et plaide en faveur du processus de clôture de celle-ci plus qu’en faveur du maintien de son budget.
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