AGNU : Juillet - Août 2025
- Mathis CHATEIGNER
- 15 juil. 2025
- 4 min de lecture
I/ LES NATIONS UNIES ORGANISENT UNE CONFÉRENCE CLÉ SUR L’OCÉAN CHERCHANT À ACCÉLÉRER LA « GOUVERNANCE MULTILATÉRALE » AVANT L’ÉCHÉANCE DE 2030
La troisième Conférence sur l’Océan, organisée par les Nations Unies s’est clôturée, à Nice le 13 juin dernier. Une initiative portée, en co-présidence par la France et le Costa Rica, en faveur d’un développement d’une gouvernance multilatérale sur la question de l’océan. En tout, ce ne sont pas moins de 14 000 délégués, 30 chefs d’organisations onusiennes, 115 ministres ou encore près de 130 000 visiteurs qui se sont réunis, créant un véritable élan.
Le but premier de la Conférence était d’agir en urgence afin de mettre en œuvre l’Objectif de Développement Durable n°14, relatif au Programme 2030. De plus, les discussions ont permis de rappeler un objectif essentiel déjà énoncé en 2022 lors du cadre mondial de la biodiversité de Kumming-Montréal : la protection de 30% des zones terrestres maritimes grâce à la mise en place d’aires protégées. Les États ont également réitéré leur volonté de soutenir les Pays les moins avancés, les pays en développement ou encore les États insulaires face aux effets néfastes du Changement climatique. Pour ce faire, il est prévu de développer un instrument international juridiquement contraignant afin de traiter le cycle de vie complet du plastique, avec, pour finalité, la lutte contre la pollution plastique maritime.
Sur le fond, le 13 juin, les États se sont entendus sur l’adoption d’une déclaration politique commune intitulée « Notre océan, notre avenir : unis pour une action urgente », destinée à promouvoir la gouvernance multilatérale. Le Panama a dès lors pointé du doigt le manque d’implication de la société civile et de la jeunesse au sein même du processus, tout en rappelant l’importance du domaine scientifique et des savoirs partagés par les peuples autochtones. Pour ce qui est du financement des actions, le secteur privé a été appelé à participer, dans l’attente de la prochaine Conférence, en 2028, dernière en date avant l’échéance de 2030 et le bilan des 14 ODD.
II/ L’AGNU ET LE SGNU ALERTENT QUANT À LA MISE EN DANGER DE L’ACTION INTERNATIONALE CONTRE LA PROPAGATION DU VIH/SIDA
Un rapport récent réalisé par le Secrétaire Général des Nations Unies, a démontré une fragilisation de la riposte au VIH. A la suite de la publication de ce rapport alarmant, l’Assemblée Générale des Nations Unies a elle aussi décidé d’établir le bilan des opérations de lutte menées au niveau international. En effet, l’interruption du financement des Etats-Unis, depuis janvier 2025, porte un coup significatif à la Déclaration d’engagement sur le VIH/Sida. Selon le Programme commun des Nations Unies, ONUSIDA, si le plan d’urgence américain venait à être interrompu définitivement, le nombre de décès supplémentaires du Sida pourrait s’élever à 4 millions d’ici à 2029. Du côté des infections du virus, ce ne sont pas moins de 600 000 enfants et près de 6 millions d’adultes qui pourraient être déclarés porteur du Sida, d’ici à 2029. Une perspective plus qu’alarmante qui rendrait totalement désuet l’objectif d’éliminer le Sida en tant que menace à la santé publique, comme il est prévu, pour 2030.
Le Secrétaire Général, conjointement à l’Assemblée Générale, ont tous deux rappelé que les Etats-Unis ont toujours été à l’avant-garde de la lutte contre le VIH/Sida, et ce, depuis plus de vingt ans. A travers cette décision de l’administration américaine, ONUSIDA pourrait perdre jusqu’à 70% de ses financements, principalement répercutés sur le Plan d’urgence ainsi que le Fonds mondial de la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Pour rappel, le Plan d’urgence, créé en 2003, avait permis jusqu’alors de sauver plus de 26 millions de vies, dans plus de 55 pays à travers le monde.
III/ L’ADOPTION D’UNE RÉSOLUTION APPELANT À UN CESSEZ-LE-FEU IMMÉDIAT À GAZA DANS UN CONTEXTE OÙ LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L’ONU RESTE BLOQUÉ PAR LE VÉTO AMÉRICAIN
Au cours de la dixième session extraordinaire d’urgence, l’AGNU a adopté, à 149 voix, une résolution exigeant une nouvelle fois un cessez-le-feu, et la garantie que l’aide humanitaire soit acheminée immédiatement et en quantité suffisante aux civils palestiniens. Le groupe des États arabes en a alors profité pour dénoncer un génocide, à travers, entre autres, l’utilisation de la famine en tant qu’arme de guerre. Dans une même optique, l’Espagne a souhaité rappeler les obligations découlant du Droit international, en exigeant la fin du blocus et l’ouverture des points de passage. Le président de l’AGNU a quant à lui pointé du doigt la paralysie du CSNU, incapable d’assumer sa responsabilité dans le cadre du maintien de la paix & de la sécurité internationales. L’usage excessif du véto par les Etats-Unis a été dénoncé par certains, tandis que d’autres États, comme le Royaume-Uni et le Japon, ont souhaité mettre en évidence le rôle du Hamas et les actes perpétrés auxquels ils doivent répondre.
Finalement, la plupart des délégations ont souhaité souligner les efforts diplomatiques entrepris par l’Égypte, le Qatar et les États-Unis, alors que pour le moment, une solution à deux États reste privilégiée. L’État de Palestine, observateur permanent, a rappelé que chaque jour, ce sont plusieurs centaines de Palestiniens qui perdent la vie.
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